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La promesse de Bucarest

Céline, 24 ans, et sa belle-sœur Déborah, 33 ans. Installées depuis 4 ans en Roumanie, elles gèrent chacune un salon de coiffure. Respectivement diplômées d’un DUT (Bac+ 3) de commerce et d’un DESS (bac +5) en commerce international, elles ont toujours eu l’esprit tourné vers l’étranger. Alors que Céline est en stage de fin d’étude chez L’Oréal à Bucarest, Déborah travaille dans un hôtel en Indonésie. Contrainte de rentrer en France pour des raisons personnelles, Déborah se met en relation avec le père de Céline qui travaille déjà dans le milieu de la coiffure, et donne naissance à l’idée d’ouvrir des salons  à l’étranger.

La jeune rochelaise n’a pas qualification en la matière, « mais quand on croit en quelque chose tout est possible » dit-elle en souriant. Elle s’oriente vers l’Asie dans un premier temps, puis se rétracte pour une destination moins lointaine mais tout aussi porteuse selon sa belle-sœur : Bucarest. « J’ai vu qu’il n’y avait presque pas de salons de coiffure tels que nous les connaissons en France : les gens se faisaient coiffer à domicile », explique Céline. Elles prennent conscience des possibilités offertes sur ce marché qui n’a que très peu évolué en 30 ans, et décident de s’associer pour de monter le projet ensemble.

Dans un premier temps il leur faut prospecter pour trouver un emplacement, « ce qui n’est pas facile quand on n’a pas de connaissances techniques du marché », souligne Déborah. Pour ne pas s’isoler, et avoir une garantie sur la visibilité du magasin, elles choisissent de s’installer dans une galerie commerciale de supermarché. Puis, il faut trouver la main-d’œuvre. La plupart des formations de coiffure en Roumanie ne comprennent pas de stage pratique ; les filles souhaitent proposer un service de qualité et doivent donc trouver un moyen de recruter du personnel compétent. Elles envisagent donc de former elles-mêmes leurs futures recrues. Pour ce faire, un accord commercial est négocié avec L’Oréal, qui va prêter les locaux et le matériel nécessaire. «  Il aurait été vraiment difficile de faire tout ça sans leur appui. Ça aurait été une sacrée galère » précise Céline.

Le recrutement se fait par annonce, et auprès des écoles de coiffure. Au rythme de quinze entretiens par jour, l’équipe est composée rapidement. Le 26 juin 2008, le premier salon ouvre ses portes au sein de la galerie commerciale d’un hypermarché de  Titan, un quartier de l’est de Bucarest. Fortes de leur premier succès, les filles ouvrent un deuxième salon en décembre 2008, dans la galerie marchande d’un supermarché de Pontelimon, autre quartier de l’est de Bucarest. Un troisième verra le jour puis serra fermé, victime d’un manque de fréquentation. Aujourd’hui, les deux entrepreneuses gèrent chacune un salon. Ouvertes 7/7 jours, elles ont réussi à faire leur place et à fidéliser leur clientèle.

Tout le monde y gagne

Au sein de l’entreprise, les relations entre les jeunes entrepreneuses et leurs salariées n’ont rien d’un rapport dominer-dominant. Au contraire, Déborah précise qu’elle « n’aime pas le terme  d’employée ;  Ce sont nos collaboratrices, nous travaillons ensemble dans l’idée que tout le monde y gagnera si le travail est bien fait ». En plus d’avoir bénéficié d’une formation de qualité, les employées  sont rémunérées à la hauteur de leur prestation. Dans un pays ou le salaire moyen est de 250€ par mois, aucune des « collaboratrices » ne gagnent moins de 350€. Les meilleures d’entre elles, grâce à leurs pourboires, peuvent monter jusqu’à 1000€/mois.

L’ancienneté de certaines leur permet de former les nouvelles recrues et de bénéficier ainsi d’un bonus sur salaire. « Les patrons français font plus attention au travail et donnent des possibilités d’évolution », tient à préciser une des coiffeuses qui travaille au salon de Titani depuis son ouverture. Autre avantage, toutes les heures sont déclarées, ce qui donne aux salariées une facilité d’accès à la santé et aux crédits bancaires. « De bonnes conditions de travail garantissent des relations de confiance et une bonne atmosphère dans l’équipe » précise Déborah.

Après 4 ans d’activité, les deux salons sont en bonne santé, et les deux filles ravies de s’être lancées dans cette aventure. Quelques idées qui pourraient encore consolider leur projet se mettent en place, comme par exemple la création d’un site internet. D’autres verront certainement le jour, car tant que Bucarest tiendra sa promesse, Céline et Déborah ne sont pas près de la quitter.


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